Et si on réinventait la roue?

Depuis mes débuts en agricultures, on martèle sur l’importance des rotations de culture. « Minimum 2, mais le meilleurs c’est une rotation de 3 plantes. » combien de fois, j’entends cette phrase sur le terrain. Laissez-moi être sceptique de l’application d’une telle pratique sur tous les fermes.

D’abord, je crois que où il y a production animale le point est très valable. Une production de foin, qu’on tourne en maïs ensilage pour faire une autre culture céréalière annuelle. C’est simple efficace et rentable. Une fois mis un dans l’autre le maïs profite de l’effet d’un retour de prairies, ta culture annuelle qui la suit aussi tout en captant les restants d’éléments du maïs pour en plus profiter de la paille comme absorbant. Pour ensuite, retourner celle-ci au champ avec le fumier et implanter ta prairie. Une rotation simple efficace qui profites sur toute la ligne.

Mais lorsqu’on tombe en régie de culture commerciale intensive, je crois qu’un modèle de la sorte doit être repensé. D’abord prenons les chiffres réelles à mettre en évidence. La rotation la plus populaire sur ces fermes est une rotation entre le maïs et le soya. Avec une telle pratique on parle d’une augmentation moyenne de 15% du rendement l’année de maïs. Cependant, la majorité des recherches ont été fait dans des états où la saison de culture est plus longue. Ce qui apporte plusieurs questionnement sur cette pratique.

D’abord, il faut regarder la marge fait par les agriculteurs dans le soya. La moyenne 5 ans sur ma ferme, la marge à l’acre avoisinait les 150$. Alors que dans le maïs ma moyenne avoisine les 240$ de l’acre. Si je remets en perspective avec la rotation j’arrives à une marge 2 ans de 390$ alors que si je ferais maïs sur maïs avec une baisse de 15% de rendement j’arrives à 408$.

Si on pousse notre analyse un peu plus loin. Plusieurs facteurs me fait remettre en question le 15%. Le premier est la quantité de matière retournée au sol. Si j’ai un rendement de 1,3Tm/ac. dans le soya je retournes en matière sèche avec les racines, les feuilles et les tiges l’équivalent de 1,8Tm. Alors que dans le maïs avec un rendement bien conservateur de 3,5tm/ac. Je retournes au sol en matière sec l’équivalent de 4tm. Ce qui représente plus que le double que le soya. Si je fais un bilan humique mon maïs devient beaucoup plus intéressant afin de monter une matière organique. Sur 2 ans l’effet est de 15%, mais dans 10 ans à faire plus de maïs, sera-t-il encore le cas.

De plus, si on ajustait nos pratiques pour une rotation avec plus de maïs obtiendrions nous le même résultat? Un travail de sol qui a une bonne impacte sur les résidus au sol permettant un meilleur réchauffement de celui-ci au printemps. Des technologies qui agissent sur les insectes. Des hybrides plus adaptés pour cette pratique.

En perspective, peut-être devrions nous abolir cette image un peu tabou du maïs sur maïs. On n’a pas les saisons de cultures pour faire les engrais vert où les tests on été réalisés. Et on fait miroiter un avantage très sporadique de rendement sur un horizon 2 ans, mais l’agriculture n’est-il pas un métier où l’on travaille sur de plus longue perspectives? Je ne dit pas de seulement faire du maïs dans les rotations, mais d’arrêter de mettre l’option de côté. Une rotation que je pratiques sur la ferme est 2 années de maïs, une de soya hâtif suivit de blé d’automne où je fais un engrais vert en préparation de mes années de maïs.

Peut-être qu’avec les marges plus élevée dans le maïs les gens seraient plus tentés de faire des engrais vert. Quand on a des moyens plus d’options s’ouvrent à nous.

Bref, c’est un pensez-y bien. Je crois, fermement, qu’il manque d’études sur la question au Québec. Encore plus sur les effets à long terme. Le moyen le plus rapide d’avoir des résidus en abondance est le maïs grain dans notre région. Peut-être un jour aurons-nous des saison plus longue permettant de générer plus de résidus avec d’autres cultures.

David Hula qui détient tous les records dans les rendements de maïs au États-Unis le dit lui même que le secret est dans les résidus et la gestion de ceux-ci. Il ne fait pas de maïs sur maïs, mais l’année précédant il fait une double culture de soya et de blé d’automne où il laisse la paille en plus de faire un engrais vert. Une toute autre réalité que la nôtre!

Se baser sur une méthode qui fonctionne ailleurs pour l’adapter à chez soi? À évaluer!

Suivant
Suivant

Comprendre les Saturations sans être saturé!