N comme dans décomposition

Les doses d’azote appliquées dans le maïs a souvent été un sujet divergent entre les producteurs. D’une ferme à l’autre, d’une pratique à l’autre les opinions diverges. Pourtant c’est la même culture. Dans ce texte, je vais aborder un sujet rarement discuté chez les producteurs, mais qui a une bonne influence sur le dosage d’azote appliquées ; la quantité d’azote nécessaire pour la décomposition des résidus de la culture précédente.

On a toujours su que pour la décomposition une certaine quantité d’azote était nécessaire, mais pouvons nous mettre un chiffre dessus? Et si oui vaudrait-il la peine de l’insérer dans notre calcul de dosage appliquer au champ? Allons-y avec une analyse simplifier qui vous aidera à répondre à ces questions.

D’abord, si c’est un résidu de soya. Il faut savoir qu’une tonne de matière sèche de ces résidus contient 20kg d’azote. Et qu’avec un rendement à l’acre hypothétique de 1,3Tm à l’acre, on peut évaluer les résidus à 1,1Tm de M.S. le soya est une plante avec un C/N très bas, ce que ça signifie c’est qu’elle ne nécessite de pratiquement aucune azote pour se décomposer. Selon des études environs 40% de cette azote contenus dans les résidus serait disponible pour la culture suivante. Le reste de l’azote sera libérer dans un horizon 2-3 ans. Donc, avec notre rendement hypothétique on peut évaluer que pour la culture suivante le soya apporterait aux alentours de 9unités d’azote à l’acre. Seule chose qu’on ne contrôle pas, c’est quand est-ce que ce bonus sera disponible.

Maintenant, à l’inverse, si on va sur un retour de maïs 1 tonne de M.S. de résidus contient approximativement 8kg d’azote. Si on évalue notre rendement en grain de 4Tm de M.S. (À 0% d’humidité!😉) on peut évaluer qu’il y en a autant en résidus. Donc, j’évalue que j’ai potentiellement 32 unité d’azote. Par contre, le maïs à une valeur C/N beaucoup plus élevé que le soya. Ce qui nécessite plus d’azote pour la décomposition. Pour décomposer les résidus les micro-organismes auront besoin de 10kg d’azote par tonne de matière sèche décomposée. Si on prend notre rendement en exemple on serait déficitaire de 8kg d’azote à l’acre.

De plus la vitesse de décomposition dépend de la la grosseur des résidus. Au Québec, nous avons tendance à les hacher les enfouir afin de favoriser un réchauffement du sol plus rapide au printemps. Ceci accélère le processus de décomposition qui peut apporter une carence à la culture lors d’un moment critique. En plus, de l’azote pour les besoin de la plante, les microorganismes vont gruger de l’azote jusqu’à la hauteur de 40kg/ac. comme dans notre exemple.

Une stratégie intéressante lors d’un retour de maïs, pourrait être d’augmenter la quantité d’azote assimilable par la plante au printemps afin de donner une chance à notre culture.

Voici une stratégie que j'emploierais dans un retour de maïs sur maïs pour le fractionnement de mon azote.

Si je vises un rendement de 5tm de grains à 15% d’humidité. D’abord les besoins totale de ma plante pour la saison seraient de 100kg/ac. Ensuite, pour la décomposition de l’année précédente on parlerait de 42kg/ac pour la décomposition.

En pré-semis, j’appliquerais une source d’azote assimilable le assez rapidement (Nitrate) Pour l’exemple, j’irais avec une source de 33-0-0. Dans cette application, j’appliquerais l’azote pour la décomposition des résidus de l’année précédente. Pour combler ces besoin j’appliquerait ; 127kg/ac.

Au démarreur, on devrait combler l’équivalent de 10kg/ac. d’azote. Et pour compléter mon post-levée je ferais le calcul suivant.

Besoin de la plante+ Besoin décomposition- Apport pré-semis- Apport démarreur- Retour de décomposition

Pour notre exemple le calcul ressemblerait à ce qui suit; 100+ 42- 42-10- 34= 56

Il me resterait 56kg/ac. d’azote à combler. Sur ma ferme on travaille en post-levé avec du 32-0-0 liquide, j’aurais, donc, à appliquer 35gal./ac.

On dit Rien ne se perd, rien ne se crée. Dans l’azote c’est le cas. Pour produire une quantité, il faut mettre les besoins. L’azote n’est pas le seul facteur pour atteindre des rendements, mais c’est en le prenant en compte avec les autres mesures qu’on parle dans d’autres articles qu’on atteint notre seuil souhaiter. D’un objectif ou potentiel à l’autre, ce calcul va changer il faut simplement garder les deux pieds sur terre pour aller chercher le ratio de rendement et rentabilité souhaité. Dans le cas d’un concours de rendement l’objectif est différent, il faut donc adapter notre calcul à cette portion du champ.

En résumer, il n’y a pas de doses parfaite, il y a seulement du monde qui prennent le temps de comprendre ce qui se passe dans le sol durant leur année de culture et qui adapte leurs pratiques et dosage en conséquence.

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